« 28 avril 1860 » [source : BnF, Mss, NAF 16381, f. 96], transcr. Claire Villanueva, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.11989, page consultée le 25 janvier 2026.
Guernesey, 28 avril 1860, [illis.].
Bonjour, mon grand petit homme, bonjour, je t’aime, et toi ? THAT IS THE QUESTION !
Vous êtes bien indiscrète, Madame Juju, aussi je ne vous répondrai pas, pour vous
APPRENDRE. Attrapéea ! Allaie je vous pardonne mais ne recommencez plus
pour une fois voir savez-vous.
Tout ce badinage veut dire que je crois que tu as
passé une bonne nuit et que tu m’aimes et que ces deux convictions font le bonheur
et
la joie de mon cœur et de mon âme ce matin. Cela ne m’empêche pas non plus de
regretter que tu ne me laissesb pas
rendre au plus tôt la visite à Mme Duverdier. Ce long ajournement de ma part, comparé
aux empressements si courtois de toute ta famille et principalement de ta femme sera
pris pour de la hauteur et de l’impertinence et me fera de cette bonne petite femme
une BONNE PETITE GRANDE ennemie, ce dont je n’ai aucun besoin. À ta place je me
laisserais remplir cette formalité de politesse tout de suite quitte à ne pas
payer1 ; ou, ce qui serait mieux, à emprunter cette petite somme à notre
réserve pour quelque temps. Voilà mon sage avis que tu n’écouteras pas mais que je
te
donne néanmoins dans un gros baiser.
Juliette
1 Dans sa lettre du 20 avril 1860, Juliette Drouet évoque sa dette à l’égard de Mme Duverdier pour l’achat d’un châle.
a « attrappée ».
b « laisse ».
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo se replonge dans son manuscrit des Misérables. Juliette attend impatiemment qu’il lui donne à copier.
- 12 juinElle part à Jersey, où Hugo la rejoint le surlendemain, pour un meeting de soutien à Garibaldi.
- 19 juinRetour à Guernesey.
- 30 décembreHugo se remet aux Misérables.
